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“ Haitian Diaspora Marketplace”

Un projet dénommé « Haitian Diaspora Marketplace » a été lancé ce vendredi 31 juillet à Port-au-Prince. Une initiative conjointe de l’USAID/Haïti et de la Fondation Sogebank en vue du développement économique durable dans le pays.

La situation socio-économique du pays, qui chaque jour devient plus critique, a été le moteur de ce projet consistant à donnant une autre orientation aux investissements de la diaspora haïtienne.

En effet, ce projet s’est élaboré dans un contexte de dégradation continue des conditions socio-économiques au cours de ces dernières décennies, de la poursuite de la croissance de la population haïtienne et de l’impact de la crise économique mondiale sur l’aide publique au développement et les transferts de la diaspora.

Les buts visés par le « Haitian Diaspora Marketplace » (HDM) sont nombreux. Le HDM ambitionne, entre autres, de faciliter la dynamisation et la création de petites et moyennes entreprises, de mettre sur pied un consortium d’affaires à travers une activité ou projet d’investissement, et d’octroyer des dons individuels dans une fourchette entre $ 50 000 et $ 100 000.

La concrétisation de ces objectifs aidera les principaux acteurs dudit projet d’accomplir leur mission. Celle-ci consiste à « planifier et exécuter des activités, incluant le financement direct et l’assistance technique pour créer et stimuler l’idée d’investissements productifs avec les membres de la diaspora. Elle fournira aussi, à une phase pilote, un appui et un financement aux opportunités de projets pour l’utilisation de ces investisseurs ». Durant les deux ans de la phase de pilotage, relève-t-on dans le dossier de presse du projet, les Haïtiens de la diaspora des Etats-Unis et du Canada auront l’opportunité de participer à la mise en place des mécanismes nécessaires pour le développement économique durable dans le pays.

« Le Haitian Diaspora Marketplace » bénéficie du financement de l’USAID/Haïti à hauteur de US $ 2 000 000 dollars et de la Fondation Sogebank, à hauteur de $US 500 000 dollars.

La cérémonie de lancement de ce projet s’est déroulée en présence de la directrice de l’USAID/Haïti Mme Beth Cypser, du président du Conseil de la Fondation Sogebank M. Claude Pierre-Louis et de la ministre du Commerce et de l’industrie Mme Marie Josée Garnier. Elle a été également une occasion pour les responsables de lancer le site du projet HDM.

La ministre du Commerce, Marie Josée Garnier, a assuré l’apport de son ministère pour la bonne marche de ce projet. Elle a également soutenu que ministère du Commerce et de l’Intérieur feront tout leur possible pour instituer un environnement stable et sure afin que la diaspora puisse venir investir en Haïti.

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CANADA : L’Île Pétrie devient Haïti l’instant d’une fête

L’Île Pétrie, un site touristique situé à Orléans, a connu la fin de semaine dernière une ambiance hors du commun aux couleurs des Antilles. À première vue, on aurait pu se croire en Haïti.
Environ 2000 résidents de la région de la capitale nationale ont assiégé cette petite île pour la 3e édition du festival annuel Haïti en Fête.

Si l’organisateur de l’événement a justifié le choix du cadre par le fait que l’Île Pétrie reste «l’un des rares lieux de rassemblement de grande envergure» dans le secteur, et aussi pour sa proximité avec un public cible concentré à Orléans, bon nombre d’Haïtiens approchés par L’Express ont soupçonné l’organisation, Kombite Outaouais, d’avoir été attirée par le décor de l’île qui rappelle Haïti.

«Le choix de l’île, les sons de la musique, les pas de danse, tout ce décor nous fait remémorer notre beau pays, la chaleur oubliée des Antilles», se souvient Marie-Edith.

Comme cette mère de famille résidente d’Orléans, Yousenel, habitant de Vanier, et bien d’autres venus de Gatineau, seuls ou en famille, ont salué l’esprit d’ingéniosité de l’organisateur, qui veut faire de ce festival un outil par excellence de la communication culturelle. «Nous en avons grandement besoin… Nos enfants aussi car la plupart d’entre eux sont nés ici et ne connaissent pas grand chose de la musique du pays», a souligné Pierre-Henri.

Haïti – Ayiti en créole – est un pays d’environ 28 000 km2. Il est constitué principalement d’une île, Hispaniola, baptisée «Grande terre», à laquelle se greffent d’autres petites îles et archipels. Pays de l’Amérique centrale, Haïti fut découvert en 1492 par Christophe Colomb et est devenu indépendant en 1804. Il reste cependant l’un des rares pays de la région qui peine à décoller à cause notamment de l’instabilité politique permanente accentuée par des bouleversements sociaux. Cette situation déplorable est l’une des principales raisons de l’immigration de nombreux Haïtiens vers les États-Unis et le Canada.

Mais les Haïtiens qui ont défié l’orage cette fin de semaine ne se sont pas empêchés de se souvenir de ces moments d’angoisse qui maintiennent ce premier pays noir indépendant dans l’espoir d’un lendemain meilleur.

Vendredi, jour du lancement du festival, les élus d’Orléans, dont le conseiller municipal Bob Monette ainsi que le député d’Ottawa-Orléans, Royal Galipeau, avaient déjà annoncé les couleurs encourageant la détermination de l’organisateur de promouvoir et de valoriser la culture haïtienne. Comme pour sceller un «pacte» culturel avec cette communauté, M. Galipeau a prononcé une partie de son allocution en créole, langue commune parlée aux Antilles (Haïti, Guyane, Guadeloupe, Martinique, Réunion, Île Maurice).

Rachel Décoste, la directrice des communications du festival, a pour sa part rappelé les racines nombreuses et profondes de leur pays d’origine souhaitant que celles-ci «contribuent à vivifier toutes les branches de la communauté de la capitale nationale».

Franc succès
La 3e édition du festival Haïti en Fête a connu un franc succès tant du point de vue de l’organisation que de celui de la participation. Du début à la fin, le public s’est montré engagé, présent dans la fête. Plusieurs groupes musicaux tenus par des fils du pays se sont succédé sur la scène au grand plaisir des participants.
En hommage à Michael Jackson, la danse fétiche du roi de la pop défunt, le «moonwalk», a été exécutée à la grande satisfaction du public par un jeune artiste du groupe Staff 613, suivie de We are the world, chanson caritative écrite par Michael Jackson et Lionel Richie qu’a interprétée Tabou Combo, le célèbre groupe haïtien.

La partie festive de la manifestation a été bouclée par une grande soirée dansante à Saint Joseph Parish Hall, au centre-ville d’Ottawa. Là encore, c’est Tabou Combo qui a été à l’honneur et fait la fête. Les invités ont savouré, jusqu’aux petites heures de dimanche, le riche répertoire de ce groupe de renommée internationale qui chante et danse depuis 40 ans le Konpa, rythme typique d’Haïti et qui a envahi toutes les Caraïbes.

Plus de 50 bénévoles arborant drapeaux canadien et haïtien ainsi que des tee-shirts aux couleurs du festival ont travaillé d’arrache-pied pour le succès de cette fête.

Source : http://www.expressottawa.ca

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Démographie Haïti : Projection 2050

La population de Haïti passera à quelques 16,1 millions à l’horizon de 2050, selon les projections de l’Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique (IHSI), présentées ce 16 décembre 2008 devant la presse, dont l’agence en ligne AlterPresse.

Cette population est estimée aujourd’hui à 9,8 millions habitants. Les pauvres, qui en représentent plus de la moitié, sont au nombre de 5,4 millions, selon le statisticien-démographe Jacques Hendry Rousseau.

“Estimation et projections de la population totale, urbaine, rurale et économiquement active“, est le titre de cette présentation de l’IHSI qui prévoit pour Haïti une population de plus de 16 millions d’habitants en 2050, dont 8,023,000 hommes et 8,126,000 femmes.

Ces projections, qui fournissent des informations sur la répartition de la population haïtienne, sont indispensables au processus de la planification du développement économique et social du pays, précise le ministre de l’Economie et des Finances, Daniel Dorsainvil. “Avec ces statistiques, nous pouvons mieux planifier l’avenir et prévoir la taille de la population haïtienne en 2050 (…). Nous pouvons également nous faire une idée, de façon plus objective, des défis auxquels nous aurons à faire face : les écoles, les centres de santé à construire, les emplois à créer”, affirme Dorsainvil.

Le gouvernement va se servir de ces projections pour “améliorer sa compréhension des dynamiques de croissance et prédire des changements qui sont suffisamment précis pour supporter de bonnes prises de décision”, informe le ministre des finances

L’exercice de projections de la population haïtienne sur 2050 a été réalisé avec le soutien du centre latino-américain de démographie (Celade) et de la commission économique pour l’Amérique latine (Cepal) aux fins d’actualiser les perspectives démographiques du pays, explique Evens Joseph, directeur de l’IHSI.

Cet exercice a permis notamment à l’IHSI de projeter les quotients de mortalité par sexe et âge, les taux de fécondité par âge de la mère et un seuil de population migratoire par sexe et âge.

En attendant, le prochain recensement de population aura lieu en 2013. Le ministre Dorsainvil a déjà renouvelé l’engagement de l’état à faciliter la réalisation de ce recensement.

Jusqu’en 2050, la croissance de la population haïtienne sera assurée à un rythme annuel moyen, inférieur à celui observé au cours des 50 dernières années, précise le directeur de l’IHSI. A cet horizon, ajoute-t-il, plus de deux tiers de cette population vivraient en zones urbaines contre moins de la moitié actuellement. La différence d’effectifs entre les femmes et les hommes se maintiendra à 100 mille âmes, malgré un écart d’espérance de vie en augmentation.

“Les projections, qui nous sont présentées, viennent combler des besoins urgents en information, elles permettent dès à présent de prévoir l’avenir avec plus de réalisme, de pertinence, et d’envisager des actions efficaces devant mettre en harmonie la distribution géographique de la population avec celle des infrastructures, notamment sociales et économiques”, déclare, pour sa part, Francesco Gosetti di Sturmeck, chef de la délégation de l’Union européenne en Haïti. Avec ces projections, Gosetti estime que les autorités haïtiennes auront également la possibilité d’orienter les processus de l’aménagement du territoire et de la décentralisation.

De 5000 en 1804 à l’occasion de la l’Indépendance nationale, la population haïtienne, qui était de 3,221 millions en 1950, 9,293 millions en 2005, passera à 11 millions en 2015.

Le pourcentage de la population urbaine est passé de 25% à 40% de 1982 à 2003.

Dans l’intervalle, la taille des villes a plus que doublé. Port-au-Prince absorbe plus d’un tiers, soit39%, de la population totale du pays, constate Francesco Gosetti.

La présentation de nouvelles données statistiques, sur l’évolution de la population, a été accueillie avec satisfaction par Joël Boutroue, coordinateur humanitaire et représentant du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) en Haïti.

Le fonctionnaire onusien parle d’un lien étroit entre ces données et le document de stratégie nationale pour la croissance et la réduction de la pauvreté et rassure que ces statistiques seront utilisées dans le cadre de suivi et de la mise en œuvre du plan-cadre des Nations Unies pour l’aide au développement pour la période 2009/2011.

Le problème d’Haïti, selon Joël Boutroue, ne réside pas dans sa densité de population ou son éventuelle explosion démographique.

“L’aspect population et ressources disponibles est aussi un élément extrêmement important qu’il faut garder à l’esprit. Cela dit, la population haïtienne n’est pas fractionnée par rapport à son territoire : en témoigne le taux relativement modéré de la densité de population particulièrement en région rurale”, avance-t-il.

“Il n’y a pas en fait d’explosion démographique” en Haïti, caractérisée par une transition démographique avec une forte structure de population très jeune et “un taux de fécondité et de croissance démographique en baisse constante et régulière”, soutient le coordinateur humanitaire du PNUD.

Boutroue exhorte les autorités haïtiennes à se servir des jeunes, à l’instar des pays asiatiques, pour dynamiser le marché du travail et soutenir une croissance économique forte dans le pays caribéen.

Ces projections de population seront, entre autres, utilisées par les officiels du gouvernement, les planificateurs publics et privés, les analystes de marchés pour atteindre des objectifs en termes de détermination des allocations de fonds au niveau national et régional, de la planification administrative, de la préparation des études descriptives et analytiques, de la fixation des dénominateurs utilisés lors du calcul de certains taux ainsi que du développement des indicateurs de marché, considère le directeur de l’IHSI.

http://www.geopopulation.com

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Haïti vu par Aimé CESAIRE

Conversations sur Haïti avec Césaire

Restaurateur de la dignité des Noirs, inventeur (avec Léopold Sédar Senghor et Léon Gontran Damas) du concept de négritude, Aimé Césaire était avant tout un homme libre. Ils ne sont plus si nombreux à ne pas courber l’échine sous le poids des idées préfabriquées et des préjugés. Poète, intellectuel, homme d’action et de culture, Césaire était un penseur debout, un homme qui ne se croyait pas obligé de négocier sa liberté avec les puissants. Son œuvre et son action ont beaucoup contribué à l’émancipation des Noirs tout en faisant (avantage collatéral) progresser la « cause humaine » tout entière. L’auteur martiniquais assumait ce que certains ont vu comme des contradictions : se battre pour l’indépendance des pays africains tout en étant attaché à l’appartenance des Antilles à la France, réfuter — au nom de son humanisme d’homme de gauche — les critiques de ceux qui voient dans la négritude un concept enfermant. Parmi ses nombreuses œuvres, on se souviendra notamment du fulgurant Cahier d’un retour au pays natal (Présence africaine, 1943) et de La Tragédie du roi Christophe. Césaire disait et écrivait ce qu’il pensait, contribuant comme peu l’ont fait dans la période récente aux progrès de la conscience universelle.

Collaborateur du Monde diplomatique, Christophe Wargny a pu l’interroger sur sa vision d’Haïti, l’un des symboles de la lutte des Noirs pour leur émancipation. Il livre ici son témoignage.

Après cinquante-cinq ans de mandat, Aimé Césaire a laissé la mairie de Fort-de-France à son jeune dauphin, M. Serge Letchimi. Mais on ne déplace pas un monument : son successeur s’est installé dans un édifice flambant neuf. Aimé Césaire n’a pas quitté, en 2001, le vieux bâtiment un peu désuet où il a continué à se rendre chaque matin. C’est là, dans un bureau à l’allure de salle à manger bien cirée, mais peuplée de livres, qu’il m’a reçu en 2002 et 2004. Deux longs entretiens, avec un seul sujet : Haïti.

Costume et cravate, grosses lunettes, vêture classique dépourvue d’exotisme : l’homme se tenait bien droit, et prenait son temps, handicapé par une surdité qui l’autorisait à éluder les questions qui ne l’intéressaient pas. Ni l’extrême qualité de son français, ni son humour, pas plus que ses capacités d’analyse, d’indignation ou d’enthousiasme n’en souffraient. Le combat continuait. Son admiration pour le peuple haïtien et pour Toussaint Louverture, son héros, demeuraient intacts.

« Notre dignité, notre existence n’a longtemps tenu qu’à cet événement fondateur : j’ai trouvé en Haïti plus qu’un apport majeur à la pensée que j’essayais de construire. » Six mois passés en 1944 dans l’ancienne Saint-Domingue le marquent définitivement, imprègnent Le Retour au pays natal, tissent des liens avec André Breton, Pierre Mabille et les surréalistes, des alliés dans la dénonciation de « l’oppression culturelle coloniale ». L’invention ou la définition de la négritude commence à marquer Africains d’Afrique et d’Amérique : « N’exagérez pas mon influence, elle ne fut qu’une parmi d’autres. Mais la vie des colonisés d’Afrique, des victimes d’une féroce ségrégation aux Etats-Unis, ou des peuples Caribéens soumis, gardait à Haïti toute sa charge symbolique : un peuple qui, seul contre tous, s’est libéré de l’esclavage. »

D’autant que les années 1940 marquent une embellie en Haïti, avec sa venue, celle de Breton, la production des intellectuels locaux, les conférences qui dynamisent une jeunesse scolarisée en pleine effervescence, proche des idéaux communistes, en lutte contre les oligarchies et la dictature de Lescot. A côté de son ami René Depestre, « Papa Martinique » y a sa part, mais tient à rappeler par-dessus tout le cadeau qu’Haïti fit au monde, au monde des opprimés. Il peut encore agiter ses mains et faire, grâce à ses lunettes, les gros yeux, au cas où l’interlocuteur douterait ! « Haïti où la négritude se mit debout pour la première fois… Ce fut leur conquête. Leur conquête était aussi pour nous tous. Si nous en étions dignes ! »

Un essai, Toussaint Louverture, écrit dans la foulée et, plus tard, cette pièce de théâtre immortelle, La Tragédie du roi Christophe. Pour Toussaint Louverture, une admiration sans borne « pour le génie qui s’incarne dans un peuple et qui permet à un peuple de vivre son existence dans un projet : la liberté générale, l’émancipation pour tous ». Henri Christophe, l’intrépide général qui se fait roi (on en connaît d’autres au début du XIXe siècle !), installe une cour brillante, rétablit le travail forcé pour transformer en devises les cultures de rente, prépare la guerre mais veut la grandeur de son peuple, qui se suicide enfin, c’est pour Aimé Césaire « le doigt mis sur les contradictions dans lesquels il est empêtré. D’où Toussaint lui-même n’était pas sûr de sortir ».

L’occasion pour lui de rappeler « que le pouvoir qui naît d’une telle lutte n’est pas irréversible. Comme la liberté, il s’agit d’une lutte permanente. Le mouvement décolonial, pas plus que la conquête de l’indépendance, ne met à l’abri des pires déviations. On en a connu, on en connaîtra d’autres. Le pouvoir au service des prolétaires, proposé par les communistes, aboutit à des monstruosités. On le voit et on le verra en Afrique, l’indépendance contre un oppresseur ne garantit pas les droits de l’homme. Ni les étapes ultérieures ».

Selon les circonstances et l’ennemi intérieur ou extérieur du moment, les dirigeants haïtiens mettent en avant ou Toussaint, ou Pétion, ou Dessalines ou Christophe. Notre poète les met sans hésitation d’accord. Un seul a une vision du combat révolutionnaire, le sens de la rupture, une hiérarchie des objectifs : Toussaint Louverture avait compris la Révolution française et en mesurait l’universalité. Une opinion à confronter aux multiples biographies de l’homme qui mena la seule révolte d’esclaves victorieuse.

« Une conclusion : il en aura fallu du temps et des combats pour que cet homme universel, qui appartient à tous, un siècle et demi avant Martin Luther King, ait droit à une place. Malheureusement pas toute sa place, même ici. »

Mais Haïti, ce pays sans Etat, ballotté à l’intérieur et soumis aux puissances occidentales ? « L’Occident pardonnera-t-il un jour aux descendants de Toussaint Louverture ? Nous qui avons choisi une lutte de substitution à l’intérieur du monde colonial, nous devons à notre tour aider les Haïtiens. Jamais nous ne compenserons tout à fait ce que nous devons au nègre fondateur. Le nègre fondateur, c’est la Révolution de Saint-Domingue, c’est Toussaint Louverture. »

Et si Haïti était restée une colonie française après 1804 ? La question paraît incongrue au poète. « Notre histoire à nous y eût tellement perdu. Tout perdu. D’un colonialisme peut jaillir un autre. La tragédie du roi Christophe, c’est notre tragédie à tous. » Quand la majorité des Haïtiens rêvent d’émigrer, le poète disparu est un homme, plus que tout autre, qu’Haïti n’a cessé d’accompagner.

Christophe Wargny

Le Monde diplomatique

Source : http://www.monde-diplomatique.fr


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Conférence de presse de M. Joël Boutroue, Coordonnateur Résident des Nations Unies et Coordonnateur de l’Action Humanitaire pour Haïti

Après les ouragans de fin août et début septembre qui ont eu des conséquences catastrophiques en Haïti, la situation humanitaire est désormais stabilisée dans le pays, y compris aux Gonaïves, a déclaré cet après-midi le Coordonnateur résident des Nations Unies et Coordonnateur de l’action humanitaire pour Haïti, M. Joël Boutroue, lors d’une conférence de presse au Siège des Nations Unies, à New York. Mais le pays, qui est encore affaibli par la crise alimentaire, est sans doute revenu, trois ou quatre ans en arrière en termes de croissance économique et de pauvreté, a-t-il ajouté.

« Au stade actuel, nous sommes en mesure de distribuer de l’eau potable, de la nourriture et diverses autres fournitures de manière assez régulière dans tout le pays, y compris dans des zones reculées et ce, malgré les difficultés logistiques », a indiqué M. Boutroue. De nombreuses routes et ponts restent détruits en Haïti, a-t-il expliqué, estimant qu’il faudra beaucoup de temps pour revenir à une situation comparable à celle que connaissait le pays avant le passage des ouragans.

Cela signifie que le pays a besoin de ressources supplémentaires importantes pour obtenir des résultats à court et moyen termes, a poursuivi le Coordonnateur résident. Les moyens mis à disposition ont permis de répondre rapidement aux événements jusqu’à présent, a-t-il assuré, faisant cependant remarquer le manque de ressources suffisantes pour poursuivre les distributions alimentaires au niveau requis. Du fait de la hausse des prix des produits alimentaires et des ouragans, environ 3 millions d’Haïtiens sont aujourd’hui en situation d’insécurité alimentaire. Rappelant qu’en une année, la production agricole d’Haïti n’avait couvert que 40% des besoins alimentaires de la population, M. Boutroue a estimé que 50% des cultures de la saison en cours ont été détruites par les ouragans.

En outre, les Nations Unies n’ont plus les ressources pour financer les activités de relèvement immédiat, telles que les activités à forte intensité de main d’œuvre nécessaires pour remettre sur pied les communautés, a déclaré M. Boutroue. Il faudra donc des ressources supplémentaires.

Pour réduire la vulnérabilité du pays, il faut investir beaucoup plus que ce qui a été fait jusqu’à présent dans la protection de l’environnement et dans les « filets sociaux », sous forme de services sociaux de base au profit des plus démunis. Ces conclusions ne sont pas nouvelles, a fait remarquer M. Boutroue, qui a rappelé qu’on avait tiré les mêmes enseignements après l’ouragan Jane en 2004. Pour éviter que l’on soit de nouveau confronté à la même situation, il faut mettre en œuvre ces enseignements.

Un cadre de relèvement est actuellement mis en place conjointement par les Nations Unies, l’Union européenne (UE) et la Banque mondiale sous la direction du Gouvernement, a précisé le Coordonnateur résident. Il concerne trois domaines d’actions prioritaires: la gestion de l’eau, les services sociaux de base et la sécurité alimentaire.

Mais il faut désormais agir. La population n’a aucun moyen digne de ce nom de faire face par elle-même. La déforestation est presque totale, il n’y pas d’industrie, pas d’investissement et une productivité très faible. À défaut d’investissement à court et moyen termes grâce aux ressources obtenues lors des appels d’urgence, la pauvreté va encore s’aggraver et on risque d’entrer dans un cercle vicieux d’agitation, de pauvreté et de crises politiques.

M. Boutroue a donc lancé un appel pour obtenir des ressources supplémentaires, ajoutant qu’une approche cohérente des actions à mener a été adoptée. Il a aussi souhaité donner une image différente de celle couramment véhiculée sur Haïti, en expliquant que le pays jouissait actuellement d’une stabilité politique qu’il faudrait préserver et d’un taux de criminalité parmi les plus bas de la région. Davantage de stabilité encouragera les investissements qui, seuls, peuvent assurer le développement économique à long terme et créer des emplois durables, a estimé M. Boutroue.

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Accoucher en Haïti est dangereux ; Taux élevé de mortalité infantile

Port-au-Prince.- Accoucher est un évènement dangereux en Haïti pour les femmes pauvres d’Haïti, la nation avec l’indice de mortalité le plus élevé de l’hémisphère occidental. Pour 100.000 femmes, 630 moururent à cause des complications liées à la grossesse en 2006 : cinq fois la moyenne en Amérique Latine et la Caraïbe, selon les Nations Unies.

« L’indice de mortalité maternelle en Haïti est embarrassant pour le monde occidental… ce sont des décès évitables », déclare la Docteur Wendy Lai, une obstétricienne travaillant avec le groupe Médecins sans frontières-Hollande.

Les spécialistes ont dit que la situation s’est améliorée ces dernières décades, grâce à la prise en charge gratuite dans certains hôpitaux et le travail d’organisations non gouvernementales comme MSF Médecins sans frontières et Partenaires en santé. Médecins sans Frontières a aménagé récemment dans une enceinte plus grande après avoir occupé pendant deux ans et demie dans un édifice tellement congestionné que les médecins ne pouvaient pas se déplacer entre les lits des patients.

Cependant les besoins sont encore multiples dans un pays de 10.000.000 d’habitants possédant le plus grand indicé de natalité de l’hémisphère occidental avec 36 naissances pour 100.000 habitants

La santé maternelle est un des sujets sur lesquels ont insisté l’Initiative Global Clinton et les organismes des Nations Unies, faisant partie d’un appel plus large en vue d’augmenter l’aide et les investissements fait cette semaine par L’ancien président américain Bill Clinton et le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon durant une visite réalisée en Haïti.

Le pays Caribéen fait face à un déficit budgétaire de 100 millions de dollars et arrive à peine satisfaire les besoins médicaux les plus basiques après le passage des trois ouragans qui ont causé pas mal de dégâts en 2008.

Cependant, les hôpitaux ayant des services de maternité sont peu nombreux et ne peuvent pas prendre en charge la totalité des patientes. Les centres publics touchent pour les médicaments et pour l’octroi et l’utilisation des lits. Beaucoup de femmes enceintes dépensent leurs économies dans le paiement des taxis qui les conduisent à l’hôpital.

Pour cette raison beaucoup accouchent seules à la maison ou avec l’aide de sages-femmes qui ne possèdent pas l’entraînement adéquat et ont recourt à des remèdes faits maison.

L’hôpital de Médecins Sans Frontières possède 66 lits et prend en charge une moyenne de 1.000 accouchements par mois.

L’hôpital concentre son activité sur les accouchements dans le cadre de l’urgence. En Haïti cela signifie des complications comme l’éclampsie et la pré-éclampsie qui provoquent l’hypertension, hyperproteinurie et œdème qui peuvent être à l’origine de convulsions, arrêts cardiaques, accidents vasculo-cérébraux et la mort.

Quoique ces complications puissent se présenter partout, leur incidence est beaucoup plus élevée en Haïti – 14 pour 2000 grossesses face à 1 cas pour 2.000 à 3.000 grossesses aux USA, selon l’institut national de Santé.

Étant donné que la cause de l’éclampsie et de la pré-éclampsie c’est la grossesse, le seul remède reste la naissance du bébé.

Traduction : Decky Lakyel Pour Haïti Recto Verso

Jonathan M. Katz

Source : http://www.listin.com.do/app/article.aspx?id=94404

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Les Obama 2009 de la communauté haïtienne

En tant que ministre, vraiment-là, encore une fois, je suis très impressionnée. La relève au niveau de la communauté haïtienne est dynamique, jeune, bourrée de talents», a témoigné Yolande James en marge du «gala de l’excellence» 2009 de la JCCH.
La ministre de l’Immigration et des communautés culturelles, qui répondait aux questions de l’Agence de presse «Média Mosaïque», n’a pas caché sa satisfaction, dit-elle, «de voir la JCCH en quelques années voler de ses propres ailes et avoir autant d’influence dans la communauté haïtienne et dans la société d’accueil».
«À les entendre, à regarder la feuille de route des jeunes, que ce soient les nominés ou les lauréats, c’est vraiment une reconnaissance qu’ils méritent pleinement», a reconnu la première femme noire à faire partie d’un cabinet ministériel au Québec
Elle poursuit en affirmant : «franchement, je me sens fière, ça m’encourage de voir autant d’efforts mis par ces jeunes pour améliorer la société tels qu’ils le font, peu importe le domaine dans lequel ils s’impliquent».

JCCH: un leadership reconnu de la société d’accueil

S’exprimant, cette fois, au nom du premier-ministre Jean Charest, Mme James a rappelé que «pour manifester notre reconnaissance envers le leadership affiché par la Jeune Chambre, le gouvernement du Québec a fait sa part en 2007 en mettant sur pied le fonds Afro-entrepreneurs», un programme exécuté en partie par la JCCH.
«Nous allons continuer à être présents, à y collaborer pour que la Jeune chambre de commerce haïtienne puisse faire son excellent travail», a garanti Yolande James lors de cette entrevue à MEDIAMOSAIQUE.COM au cours de laquelle elle tenait aussi à féliciter le gratin de la communauté et les membres de divers secteurs représentatifs de la société à faire le déplacement.
Des mots d’encouragement qui ont sonné comme de la musique aux oreilles de la présidente de la Jeune Chambre de commerce haïtienne, Farah St-Preux qui se trouvait aux côtés de Mme James lors de cet événement qui a réuni près de 300 personnes, avait constaté sur place un journaliste de l’agence de presse «Média Mosaïque».
«Franchement, j’ai un sentiment de fierté, un sentiment du devoir accompli», a réagi l’ingénieure St-Preux qui a estimé que de nouveaux pas ont été franchis «comparativement à la première édition du gala qui a été tout aussi exceptionnelle», a-t-elle précisé.
Elle dit se fier également «aux commentaires très très positifs reçus de la part de nos convives». Les gens ont très bien réagi aussi par le fait qu’on a ajouté d’autres prix et les nouveaux ajustements qu’on a apportés aussi au niveau de l’organisation, de la logistique et tout», a poursuivi la No un de la JCCH.
Les lauréats du Gala d’excellence 2009 de la JCCH:
- Prix «jeune entrepreneur» : Pascal Audant
- Prix «jeune professionnel» :Katleen Félix
- Prix «jeune leader socialement responsable» Ali Nestor Charles
- Prix «jeune lleader politiquement engagé» : Karine Joizil

(PHOTO) Le député fédéral de Bourassa/Sauvé, DEnis Coderre, accompagné de la ministre de l’Immigration et des communautés culturelles du Québec, Yolande James, pose pour le phtotographe de «Média Mosaïque», Hubert Molaire.

JCCH= Jeune Chambre de Comerce Haïtienne.
Source : http://www.mediamosaique.com/index.php/Quebec/jcch-les-obama-2009-de-la-communaute-haitienne.html

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DIAGNOSTIC DE LA PAUVRETE DES ENFANTS EN HAITI…

Une étude de l’UNICEF et l’Université Bristol de Grande Bretagne présente des données alarmantes sur les nombreuses privations dont souffrent les enfants haïtiens.

« La pauvreté absolue des enfants en Haïti au 21e siècle » est le titre du rapport présenté officiellement, hier soir, au Karibe Convention Center devant un parterre de représentants du gouvernement haïtien, du corps diplomatique, de membres d’organisations internationales et de journalistes. Cette étude réalisée par l’UNICEF et l’Université Bristol de Grande Bretagne, selon la représentante de l’UNICEF en Haïti, Annamaria Laurini, se base sur « des statistiques nationales issues des enquêtes EMUS 2000 et EMMUS 2005-2006 ».

« L’originalité de la présente étude repose sur le concept de privations dont les pauvres font l’expérience », a-t-elle soutenu. Ces privations, dit-elle, « couvrent une variété de conditions autres que les revenus monétaires. De ce point de vue, la pauvreté est mieux comprise comme une privation des besoins de base dont l’alimentation ; l’accès à l’eau potable et aux facilités d’hygiène et d’assainissement ; l’accès à l’éducation, à la santé, à l’habitat et à l’information. »

La pauvreté, suivant l’étude, est interprétée aujourd’hui comme étant un état de privation des 7 besoins de base cités plus haut. « L’enfant dépourvu d’accès d’au moins un de ces besoins de base est considéré comme souffrant d’une privation sévère. Quand le nombre de ces besoins de base dépasse 2, l’enfant est alors considéré en situation de pauvreté absolue. »

Ce rapport présente les disparités géographiques et socio-démographiques relatives à la pauvreté des enfants. Entre 2000 et 2006, dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince et les autres villes, la pauvreté chez ces derniers était en hausse et avait même doublé. Tandis que dans les communes les plus petites et les zones rurales, la pauvreté avait légèrement régressé.

Principaux constats faits en 2005

« Plus de la moitié des enfants d’Haïti (2,1 millions) étaient gravement privés de logement. Plus de 4 enfants sur 10 (1,7 million) étaient gravement privés d’installations sanitaires, vivant dans des maisons sans aucune toilette ; 1/3 des enfants étaient gravement privés de soins de santé, n’ayant reçu aucun vaccin, ni aucun traitement médical lorsqu’ils souffraient de maladies graves ; environ 1 enfant sur 5 (861,000) étaient gravement privés d’accès à l’eau, buvant celle provenant de sources ouvertes non sûres (étangs, barrages) ou obligés de marcher de longues distances (trajet aller-retour d’au mois 30 minutes) afin de se procurer une eau dont il n’est pas possible de transporter en quantité suffisante tout en maintenant un bon état de santé ; ¼ de million d’enfants entre 7 et 18 ans n’avaient jamais été à l’école ; 5% des enfants âgés de 3 à 18 ans étaient gravement privés d’accès à l’information et ne disposaient d’aucune source d’information chez eux sur le monde extérieur, c’est-à-dire pas d’accès à un poste de radio ou de télévision, à un ordinateur, à un téléphone ou à des journaux. La proportion d’enfants vivant dans la pauvreté absolue étaient évalués à 15% en zones urbaines et souffraient de privations graves, cette proportion atteignait 84% en zones rurales. Une grande majorité d’enfants haïtiens connaissaient des conditions de vie particulièrement difficiles et leurs besoins fondamentaux n’étaient pas satisfaits », constate l’étude publiée par l’UNICEF.

Le directeur régional pour l’Amérique latine et les Caraïbes, de l’UNICEF, Nils Kastberg, a fait savoir pour sa part que cette étude présente un ensemble d’expériences réalisées dans plusieurs pays de l’Amérique latine, notamment le Brésil et le Mexique. Il a noté que les gouvernements de ces pays sont venus en aide aux femmes et aux enfants en les octroyant des transferts d’argent. « Un pays comme le Brésil offre ce type d’appui à plus de 11.000.000 de femmes », a fait observer Kastberg.

Le gouvernement prend acte

« Le gouvernement d’Haïti se sent très à l’aise par rapport aux propositions de Kastberg concernant les transferts conditionnés. Ce qui a été fait dans d’autres pays de l’Amérique latine peut être un exemple enrichissant pour Haïti », a déclaré le ministre de la Planification et de la Coopération extérieures, Jean-Max Bellerive.

« Les recommandations du rapport sur la pauvreté absolue des enfants en Haïti au 21e siècle seront prises en considération », a déclaré au cours de la cérémonie de présentation haïtiende ce document le chef de cabinet du Premier ministre, le Dr Daniel Henrys, qui prenait la parole au nom du chef du gouvernement.

« Nous ne voulons pas cacher que la situation générale des enfants est dramatique comme le montre le rapport. Elle l’est certainement encore plus depuis les dernières catastrophes qui se sont abattues sur le pays », a dit le Dr Henrys.

« Le gouvernement, a-t-il ajouté, s’engage tout de suite dans le cadre de sa politique générale à mettre en oeuvre ou à poursuivre les actions pouvant avoir un impact sur la situation des enfants, car comme le dit le rapport, les enfants ne peuvent pas attendre des résultats qui n’arriveront que dans 20 ou 30 ans. »

Il a reconnu que les interventions de l’UNICEF, – en appui aux actions des dirigeants nationaux et locaux – sont basées, pour la plupart, sur des études dont les rapports ont toujours été d’une grande utilité pour le gouvernement haïtien. Aussi a-t-il conclu que « les résultats de ce rapport sont pertinents pour le décideur politique qu’est le gouvernement. »

Ce rapport de l’UNICEF vient mettre en lumière la situation des enfants d’Haïti resté pendant trop longtemps dans l’ombre. « Mettre fin à la pauvreté absolue des enfants ne devrait pas seulement être une priorité politique, cela devrait aussi être la priorité politique. »

Claude Bernard Sérant
serantclaudebernard@yahoo.fr

Sources : http://juristehaitien.blogspot.com/2008/12/diagnostic-de-la-pauvrete-des-enfants.html

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14 Clichés sur l’Haïtien en Guadeloupe battus en brèche.

1) M’ont-ils dit : les Haïtiens prennent du travail !

Alors soucieux, j’ai observé quels boulots que les Haïtiens faisaient en général. Peu surpris, j’ai constaté qu’ils travaillent majoritairement la terre, chose que les Guadeloupéens délaissent.

2) M’ont-ils dit : les Haïtiens ne contribuent pas à l’économie car ils envoient leur gain en Haïti !

Tout d’abord, redéfinir qu’est- ce que l économie. Ce n est pas le fait d’acheter une BMW ou une télé à connexion qui est l’économie de la Guadeloupe. D’ailleurs, Jarry n’est pas le poumon économique de la Guadeloupe. Enfin, c’est le poumon économique des békés, des métros, oui peut être. La faible économie de la Guadeloupe réside dans le tourisme et l’agriculture. Or, les Haïtiens sont quasiment les seuls à faire survivre la canne, car les Guadeloupéens refusent cette besogne et je ne pense pas que les Haïtiens freinent le tourisme. De plus vous devez savoir que le peu d’exportations agricoles qui se fait en Guadeloupe est pas mal destiné au marché haïtien et non à Paris qui préfère manger les bananes de la Côte d’ivoire plutôt que celles de ses DOM. De plus, le maigre salaire que ces gens gagnent même réunis ne rejoint pas le salaire de 3 directeurs d hôtel ou autres (qui, par le fruit du hasard, semblent être à 99% des non antillais) qui ne consomment aucun produit local, achètent le hummer aux states, etc.…

3) M’ont-ils dit : Les Haïtiens viennent pour profiter du système français !

Et ben, pourquoi pas ? Vous profitez bien de ce système non ?
Ça rappelle une image : un maître nourri son chien bien gras tous les jours, et bien sûr, celui-ci, quoique gavé, ne tolère pas qu’un autre chien vienne lui piquer ses restes. De même, nous nous comportons comme des chiens et nous traitons les Haïtiens comme des chiens depuis toujours. Est-ce que, depuis leur arrivée, vos allocations sont moins importantes qu’avant ? Non !! Ce système est à changer, avant tout , à cause des Guadeloupéens qui en profitent et qui ne se rendent pas compte que cela fait plus de mal que de bien au sein du pays. La rue détient des informations que même le Président de la République ne connaît pas.
Comme, à ce qu’il paraît, le déficit de la Sécu serait dû aux Haïtiens, vos impôts augmentent à cause d’eux ou encore, les Guadeloupéennes ne peuvent plus accoucher faute de place.
Bon ! D’un, officiellement, la Sécu a démenti ces conclusions et de deux, le jour où une Guadeloupéenne accouchera dans la rue, appelez-moi !
Et pour finir, si la loi française leur accorde tout cela, je ne vois pas le mal puisque nous sommes français soit -disant. Qu’on supprime ce système d’assistanat intensif !
Si les Haïtiens s’en vont, c’est que vous aviez raison, et au moins, ça poussera les Guadeloupéens à travailler un peu plus.

4) M’ont-ils dit : les Haïtiens viennent imposer leur culture !

De un, après les Martiniquais et Guyanais, ce sont les Haïtiens les plus proches de nous culturellement (et oui ce ne sont pas les Alsaciens!) Donc parler, manger ou vivre avec un Haïtien ne vous choquera guère.
De deux, la culture haïtienne ne se résume pas au Vaudou. Pour continuer avec ce thème, le Vaudou haïtien est un mélange de Vaudou béninois et de catholicisme, ce qui n’est pas sans rappeler nos mœurs, c’est-à-dire : je vais à l’église le dimanche, mais je fais ma sorcellerie venue d’Afrique la semaine (an ka lévé piyé an mwen !) La différence est que, eux, ils l’ont officialisé au lieu de le faire en « skrèd ».
J’ai toujours vécu en Guadeloupe et je n’ai jamais vu une cérémonie Vaudou. Aucun Haïtien ne m’a encore prêché le Vaudou et pourtant, j en ai côtoyé pas mal. Sé si moun la vlé ay fè vodou kè i ka vwè sa. Quant au « konpa » cela fait 40 ans que tout le monde écoute ça ici.

5) M’ont-ils dit : les Haïtiens manquent d’hygiène et vivent à 10 dans une maison !

Ça se rencontre, c’est vrai mais chez les Haïtiens pauvres comme d’ailleurs chez les Guadeloupéens pauvres ou encore chez les Américains pauvres. En gros, c’est plus dû au fait qu’ils soient pauvres qu’au fait qu’ils soient haïtiens. Le médecin haïtien du CHU de Pointe- à- Pitre sent bon et vit avec sa femme et ses enfants uniquement et vous l’adorez. Donc le combat à mener est contre la pauvreté, pas contre l’Haïtien à ce niveau.

6) M’ont-ils dit : ils ne veulent pas se mélanger pourtant on les a bien accueillis !

Alors là, je souris. Qui a- t on bien accueilli ? Cela fait près de 50 ans que les premiers haïtiens sont arrivés. On les a exploités, d’ailleurs dans notre langage courant pour refuser de rendre service à quelqu’un, on lui dit : « an pa hayisyen aw misié la » On les a sous-payés car ils ne connaissaient pas leurs droits en terre française, alors là, on les aimait, chacun avait son Haïtien. L’image qu’a la société Guadeloupéenne de l’Haïtien depuis toujours est :
Qu’il est pauvre, sale, malheureux, amusant, mal habillé, noir donc laid, débrouillard tout de même, gentil frôlant la « tèbètude », analphabète (cela rappelle la description d’un esclave, non ?). En gros, on a traité les Haïtiens comme le blanc nous a traités. Il faut éviter de se marier avec un Haïtien ou Haïtienne, on peut avoir un ami haïtien comme ça, mais on ne dort pas chez eux facilement. On a tout simplement profité de leur vulnérabilité par rapport à leur situation. C’est vrai que la plupart des Haïtiens qui sont venu en Guadeloupe étant modestes, cela peut fausser l’image globale de Haïti pour des gens illettrés comme la plupart des Guadeloupéens. Je ne vois pas comment vous voulez qu’ils aillent vers vous aisément ! Néanmoins, quasiment tous parlent parfaitement votre créole. De plus, vous ne pouvez pas forcer des immigrés à abandonner leur culture, même nous, quand nous partons en France ( votre mère patrie chérie où l’on est censé être comme chez nous), nous tenons à garder notre identité, donc comprenez un peu.

7) M’ont-ils dit : les Haïtiens sont devenus arrogants !
Ben, je pense plus qu’ils ont constaté que ce pays est géré par la France de A à Z, que la loi française leur donne des droits, donc ils ne doivent rien aux Guadeloupéens. On les a « couyonnés », insultés, et vous voulez toujours qu’ils mangent dans la main du valet, quand ils ont enfin rencontré le maître. Avant, vous les trouviez dociles, apprivoisables. Maintenant, ils réclament les mêmes droits que vous, enfants de la patrie française jusqu’à la mort. Ben, leur soi- disant comportement, nous les avons aidés à le fabriquer !

8)M’ont-ils dit : la Guadeloupe est une île, il n’y a pas de place !

C’est l’un des rares arguments qui peuvent être valables. Mais dans un premier temps, rappelons quelques chiffres : il y a environ 420 000 habitants en Guadeloupe sur 1700 km2. Les derniers chiffres montrent 3% d’étrangers en Guadeloupe. Donc, un : il y a moins de 3% d’Haïtiens ici. Pour vérifier, une des solutions : aller dans les écoles voir le nombre d’enfants d’origine haïtienne scolarisés par classe et revenez me voir. De plus, si comme vous le dite, ils vivent à 10 dans une maison, c’est qu’ils ne prennent pas beaucoup d’espace pour leur confort personnel. Les jardins qu’ils louent, ce sont des légumes et fruits vendus en Guadeloupe, ces produits ne sont pas envoyés en Haïti. Un jour ce problème d’espace arrivera c’est vrai, et même sans eux, la solution est-elle de changer la politique de l’aménagement du territoire ou de foutre des gens à la mer. De plus, tous les pays seront confrontés tôt ou tard à cela, même la France qui, quoique n’étant pas une île, soit limitée par ses frontières et ses terres agricoles.

9) M’ont-ils dit : les Haïtiens sont venus voler le pays aux Guadeloupéens délibérément !

Bon, en temps normal, je n’aurais pas répondu à cette question tant elle est stupide. Mais, tellement de « bamboklat » le pensent que je m’y dois. Vous pensez sincèrement que des gens risquent leur vie en embarquant clandestinement sur des petits bateaux surpeuplés, juste pour venir vous embêter. Deuxièmement, bien que dans l’empire français ce soit la Guadeloupe et la Guyane les destinations préférées des Haïtiens pour des questions de proximité et de rapprochement culturel, sur un plan mondial nous ne sommes pas les premiers hôtes du tout. Ces gens là, comme vous dites, ne pensent pas politique et conquête ou ce genre de choses, ils veulent juste une meilleure condition de vie. On ne choisit pas forcément l’état de son pays et la Guadeloupe en est l’exemple vivant.

10) M’ont-ils dit : les Haïtiennes volent leurs maris !

Bon, ça c’est comique aussi. Si vos hommes ne pensent pas par eux-mêmes, tant pis! Aussi, les Haïtiennes ne sont pas des martiennes et « étrangement » peuvent passer pour des Guadeloupéennes physiquement.

11) M’ont-ils dit : quant aux Dominicains (Dominique), ils sont criminels !

Effectivement, si je lis France- Antilles, je suis persuadé que les Dominicains sont les principaux criminels. Jusqu’au jour où une étude est faite et conclut que moins de 5% de la population carcérale est d’origine étrangère. Mais sur ce point, on peut dire merci aux médias qui précisent et écrivent en première page : « Un jeune Dominicains a… ». Le combat à mener est contre l’insécurité en général, vous pensez vraiment que le Dominicain est gentil chez lui et qu’il se dit : «Et si j’allais en Guadeloupe pour voler et tuer?».
En vérité je vous le dis, le Dominicain délinquant en Guadeloupe l’est déjà en Dominique, et s’il le devenait, comme vous le dites, c’est que nous faisons tout pour qu’il reste dans le ghetto et ne se sente pas intégré.

12) M’ont-ils dit : les Dominicaines (Santo Domingo), elles sont toutes des putains !

En tout cas, pour les faire partir les gars, n’allez pas aux putes ! Comme ça, elles n’auront plus de boulot. Il faudrait mieux combattre la prostitution que les prostituées, non ?

13) M’ont-ils dit : les Chinois envahissent !

Personnellement, j ai vu quelques Chinois ayant des commerces, mais de là à venir me dire qu’ils envahissent ! Deuxièmement, si vous voulez qu’ils s’en aillent, boycottez- les ! Mais votre instinct de consommateurs vous en empêche.

14) M’ont-ils dit : trop de clandestins, c’est contre la loi !

Oui, c’est vrai. Mais contrairement à ce que vous pensez, ce n’est pas une loi faite pour vous protéger, mais pour protéger les clandestins, car ils sont souvent exploités par les passeurs puis par les employeurs au noir et vivent la plupart du temps dans une misère indescriptible.

Extraits d’un texte écrit par KANCEL Youri “Le faux problème de l’immigration en Guadeloupe”

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Les Haïtiens en Martinique

Une immigration de proximité.

Aux Antilles, l’entrée des immigrés (en particulier ceux originaires d’Haïti et de République dominicaine) sur le territoire national se fait en effet en grande partie par Saint-Martin, du fait de politiques de visas divergentes entre la partie française et la partie néerlandaise de l’île et de l’absence de contrôle à cette frontière. En 2005, les immigrés représenteraient moins de 2 % de la population, contre 1,4 % en 1999 et 1,3 % en 1990.

La présence des immigrés natifs de Sainte- Lucie et d’Haïti se confirme : 6 immigrés sur 10 proviendraient désormais de ces deux pays, contre 55 % en 1999… Caractérisée par une immigration de proximité, la Martinique compte presque un tiers d’immigrés natifs de Sainte-Lucie. Un autre quart des immigrés Proviennent d’Haïti, conséquence des crises économiques et politiques que traverse ce pays. Un quart des immigrés sont natifs d’Haïti.

Avec 1 300 personnes, soit 25 % des immigrés, les Haïtiens représentent la seconde communauté immigrée de Martinique. L’immigration en provenance de ce pays, le plus pauvre de la Caraïbe, a débuté au milieu des années 1970. Elle s’est poursuivie dans les années 1980 du fait des troubles politiques en Haïti : plus de 6 immigrés haïtiens sur 10 sont arrivés entre 1970 et 1989.

La situation politique et sociale, toujours difficile dans les années 1990, a amené plus de 300 immigrés en Martinique au cours de cette période. D’abord masculine, l’immigration haïtienne s’est ensuite féminisée lors de la dernière décennie : de 48 % de femmes en 1990 à 52 % en 1999. Alors que le nombre de femmes augmente de 20 %, l’effectif d’hommes stagne à 600 personnes. Environ 30 % des immigrés haïtiens ont obtenu la nationalité française. 30% des Haïtiens ont acquis la nationalité française.

Les natifs d’Asie sont nombreux à avoir acquis la nationalité française (56 %), tout comme les immigrés de Sainte-Lucie (44 %). Arrivés en Martinique plus récemment, les natifs d’Haïti ne sont ainsi que 30 % à la posséder. 4 % des Haïtiens ont un diplôme de niveau supérieur au bac, le niveau scolaire des immigrés dépend de leur parcours migratoire, et notamment de leur âge à l’arrivée en France.

Il dépend aussi de la qualité du système scolaire et des taux de scolarisation dans leurs pays d’origine, ainsi que des caractéristiques socioculturelles des  Populations migrantes.

Les immigrés haïtiens, d’origine francophone et d’immigration ancienne, sont peu diplômés : 77 % n’ont aucun diplôme, et à peine plus de 4 % ont un diplôme de niveau supérieur au bac. Les originaires de Sainte- Lucie sont dans une situation similaire : 80 % n’ont aucun diplôme, et seuls 3 % sont diplômés du supérieur. Cependant, une centaine de diplômés du supérieur sont issus de ces deux communautés.

Environ 700 immigrés de moins de 25 ans étaient scolarisés en Martinique en 1999. Leur taux de scolarisation, de près de 67 %, est inférieur de 11 points au taux régional. Cet écart est même de 13 points pour les Saint-Luciens et les Haïtiens.

À l’inverse, pendant la scolarité obligatoire (6 à 16 ans), les jeunes immigrés haïtiens sont très largement scolarisés. Les filles issues de l’immigration sont moins fréquemment scolarisées que les garçons. 60 % des Haïtiens sont au chômage.

Quand ils travaillent, les immigrés non diplômés occupent pour la plupart des emplois salariés et peu qualifiés. En majorité, ils sont plus exposés à la précarité, en particulier les femmes et les jeunes. Le chômage y est bien plus élevé que dans le reste de la population.

Ces difficultés concernent avant tout les natifs d’Haïti et de Sainte-Lucie : les autres ont un taux de chômage de moins de 20 %, largement inférieur à la moyenne régionale.

60 % des Haïtiens sont au chômage, faisant ainsi de cette communauté la plus touchée. Les immigrés de Sainte-Lucie sont également très exposés, avec un taux de chômage de 54 %. Ces deux communautés réunies représentent 55 % des actifs immigrés mais comptent pour 70 % des chômeurs. Le taux de chômage des autres immigrés, inférieur à 20 %, est largement inférieur à la moyenne régionale. Les hommes sont principalement ouvriers, artisans ou commerçants (62 %) et les femmes majoritairement employées (43 %). Les agriculteurs exploitants représentent 4 % des actifs.

Presque tous (97 %) sont Haïtiens ou Saint-Luciens. Ces derniers occupent plutôt des métiers d’ouvriers (47 %) et d’employés (37 %). En revanche, les Haïtiens sont plus souvent artisans commerçants (30 %) ou ouvriers (30 %) que employés (16 %). Environ 210 immigrés sont cadres ou occupent des professions intellectuelles supérieures (ingénieurs, médecins, etc.). 19 % des originaires d’Haïti ou de Sainte-Lucie occupent des métiers de cette catégorie, soit deux fois plus qu’en moyenne régionale.

Environ 43 % des femmes occupent emplois précaires.

Elles occupent des métiers de faible qualification comme employées de maison, femmes de ménage, chez des particuliers, serveuses et commis de restaurant ou encore professionnelles du nettoyage ou gardiennes d’enfants.

Plus de 21 % travaillent dans le commerce de détail, 17 % occupent des professions intermédiaires et 11 % sont ouvrières. Elles travaillent majoritairement dans le secteur tertiaire (66 %) et le commerce (21 %). Les hommes sont présents dans les domaines d’activité traditionnellement masculins comme l’agriculture ou la construction mais aussi dans le commerce. Ils sont vendeurs, ouvriers agricoles, maçons, mais aussi médecins hospitaliers.

Sources : Atlas des populations immigrées en Martinique, Édition 2006 (réalisé dans le cadre d’une convention entre l’Institut National de la Statistique et des Études Économiques (Insee) et l’Agence nationale pour la Cohésion Sociale et l’Égalité des chances (l’ACSE). site Internet: http://www.haitiensenfrance.online.fr.

 

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