Mort de l’écrivain Georges Anglade à Haïti
Cliquer ici pour écrire à l'auteur : bernardinGeorges Anglade, théoricien de la Lodyans, genre littéraire majeur en Haïti, est mort.
L’écrivain Georges Anglade ainsi que sa compagne Mireille Neptune sont morts, a-t-on appris hier auprès du festival Étonnants Voyageurs, qui devait organiser en Haïti un festival du 14 au 17 janvier. Georges Anglade est né à Port-au-Prince. Après des études supérieures dans sa ville natale à l’École normale supérieure et à la faculté de droit, il part à Strasbourg en 1965 et étudie au Centre de géographie appliquée où il obtient son doctorat de troisième cycle, parallèlement à une licence ès lettres de l’université. C’est en 1969 qu’il s’installe au Canada. Il fait partie de ceux qui ont fondé l’université de Québec à Montréal (UQÀM), où il sera professeur en géographie sociale jusqu’en 2002.
Anti-duvaliériste convaincu, Georges Anglade sera emprisonné en 1974 et exilé à deux reprises, il sera souvent menacé de mort. Il s’était engagé auprès de la diaspora haïtienne, à Montréal notamment, puis avait exercé plusieurs fonctions politiques depuis le retour de la démocratie en Haïti. Georges Anglade aimait à se définir comme « un homme en trois morceaux » distinguant en lui le géographe, le politicien et l’écrivain. « Cette distinction, dit Georges Anglade, recoupe une vie, trente ans, où j’ai tenté de faire quelque chose en tant que scientifique, politicien et écrivain. » En tant qu’écrivain, Georges Anglade est à la fois théoricien et praticien de la Lodyans, genre littéraire majeur en Haïti, dont le modèle remonte à Justin Lhérisson, et du Rire haïtien.
Par ailleurs, les cinq personnes de l’équipe du festival qui se trouvent avec l’écrivain Dany Laferrière ont réussi à envoyer un SMS pour indiquer que « la nuit s’est bien passée » et qu’ils attendaient « les directives de l’ambassade ». On était sans nouvelles d’eux depuis la tragédie.
MARIE-JOSÉ SIRACH


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