Des stars du cinéma inaugurent un hôpital pour enfants handicapés en Haïti

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PORT-AU-PRINCE (AFP) — Rassemblées sous une tente écrasée par un chaud soleil, des vedettes du cinéma nord-américain et italien ont inauguré mercredi en Haïti un hôpital pour enfants handicapés, sous le regard de jeunes émerveillés.

Dans la cour du bâtiment fraîchement construit, des dizaines d’enfants entourés de leurs parents assistent à l’inauguration du premier hôpital dédié aux jeunes handicapés, la plupart du temps abandonnés ou rejetés par leurs proches faute de moyens pour prendre soin d’eux.

Symphonise Jean-Baptiste, 31 ans, mère d’une fillette née trois mois avant terme, patiente son enfant sur les genoux. Mon enfant a des problèmes, elle a 18 mois et ne peut pas s’asseoir. Je dois consulter des médecins pour elle. Je suis soulagée de voir l’ouverture de ce centre qui nous offre gratuitement consultations, thérapies et médicaments”, dit-elle reconnaissante.

“Ce centre de réhabilitation et de prise en charge des enfants handicapés est parrainé par des acteurs de cinéma et des organisations caritatives italiennes. Il est financé par la fondation italienne Francesca Rava et dirigé par un prêtre de l’organisation Nos petits frères et soeurs.

Berçant un petit Haïtien dans ses bras, l’actrice italienne Martina Colombari, compagne de l’ancien footballeur milanais Alessandro Costacurta, s’engage au micro des journalistes à défendre dans son pays la cause des enfants d’Haïti.

“Je suis bouleversée face à tant de problèmes. Il faut venir en Haïti pour se rendre compte des difficultés auxquelles les gens font face. C’est encore plus dur pour les enfants”, estime l’actrice qui promet d’organiser des levées de fonds au profit des petits Haïtiens.

Après la cérémonie religieuse chantée par des prêtres italiens et haïtiens qui a précédé l’ouverture du centre, les artistes se sont mêlés à la foule pour s’entretenir avec des enfants, signer des autographes et poser pour des photos souvenirs.

“C’est choquant pour des Américains de voir tant de misère dans ce pays si proche des Etats-Unis et nous comptons revenir en Haïti pour aider les enfants et leurs familles”, a promis l’actrice américaine Maria Bello.

Parmi les stars du cinéma, avait également pris place l’ancien sénateur américain John Edwards venu pour la première fois en Haïti. “Ma contribution à cette initiative est de parler d’Haïti dès mon retour aux Etats-Unis et faire tout ce qui est possible pour soutenir ce projet”, a déclaré à l’AFP l’ancien candidat à l’investiture démocrate pour la Maison Blanche.

L’actrice américaine Madeleine Stowe a, quant à elle, promis de rencontrer des membres du Congrès américain pour les sensibiliser à la situation en Haïti, pays le plus pauvre du continent américain.

La venue des stars de Hollywood, parmi lesquelles un enfant du pays, Jimmy Jean-Louis, a été organisée par le metteur en scène canadien Paul Haggis qui a ramené des images de Haïti aux Etats-Unis, après le tournage du film de James Bond.

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Un commentaire

CAPPA-Sourds-Haïti  on January 26th, 2009

Félicitation et merci! Toutefois il ne faut pas oublier les enfants sourds: oralisés et non oralisés en Haïti.

En encourageant les actions caritatives

http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=66498

Le Centre d’Aide aux Personnes à Problèmes auditifs (CAPPA-Sourds-Haïti), comme bien d’autres organisations humanitaires, a tendu le bras à des centaines de personnes à problèmes auditifs. En dépit de ses actions caritatives, cette institution se bat du bec et des ongles pour tenir le coup.

Dès la naissance, Josué est atteint de surdité. Ne pouvant communiquer que par des gestes, il a toujours été la risée de son entourage qui le prenait pour un fou. Sous les regards des gens de son entourage, il se sentait indigné et marginalisé. « Lorsqu’on m’ironisait, cela me faisait très mal. Je me sentais seul. C’est très difficile pour moi », explique le jeune homme, d’un langage gestuel traduit par un membre de CAPPA- Sourds-Haïti.

Différent des milliers de personnes à déficience visuelle qui ne savaient ni lire ni écrire, Josué a eu le privilège de fréquenter l’institut de Saint Montfort, une école spécialisée pour les déficients auditive. Arrivé en 8e année fondamentale, il n’avait pas la chance de continuer. La raison est que ses parents étaient décédés et il n’avait personne pour l’aider. « Je voulais poursuivre mes études scolaires. Et je le souhaite encore. Malheureusement les écoles spécialisées qui assistent les déficients auditifs n’arrivent qu’en 9ème année fondamentale. D’ailleurs il n’y en a pas beaucoup », raconte le sourd-muet, d’un regard vif, le visage barbu.

Agé maintenant de 28 ans, Josué bénéficie depuis six ans de l’assistance de CAPPA- Sourds-Haïti, une institution philanthropique qui intègre et accompagne les personnes à problèmes auditifs. Entouré d’autres sourds-muets et des gens qui parlent la langue des signes, il fait contre mauvaise fortune bon coeur. « Lorsque je suis à CAPPA-Sourds Haïti, je me sens bien. C’est comme s’il n’y avait aucune différence entre les sourds non oralisés et les entendants, dit-il d’un ton hilare. Je souhaite que cette institution reprenne ses activités afin qu’elle reçoive plus de sourds non oralisés ou non ».

Contrairement à ce que souhaite Josué et ses amis, les activités de cette institution humanitaire fonctionnent au ralenti. Depuis le mois de septembre 2008, l’espace semble de plus en plus désert. « Actuellement, nous faisons face à une grande faiblesse budgétaire. L’aide financière que nous avons ne suffit vraiment pas pour couvrir nos dépenses. Notre budget ne peut pas répondre aux frais du loyer. Ceci traduit notre impossibilité d’offrir nos services aux personnes à problèmes auditifs », informe Sindie Frédéric, la responsable de communication de CAPPA-Sourds-Haïti.

Fondée en Mai 1998, cette organisation à couverture nationale se fixe pour objectif de favoriser l’intégration psychosociale et l’accompagnement des sourds dans la société haïtienne, notamment dans le milieu professionnel et universitaire. « Nous avons le droit de fonctionner dans les dix départements géographiques du pays. Cependant, en raison de nos faibles moyens, nous avons seulement trois centres qui sont au Cap-Haïtien, aux Cayes et à Port-au-Prince. Nous assistons plus de 2000 personnes sourdes, malentendantes et entendantes venant de différentes régions du pays », poursuit Mme Frédéric.

On a fait une estimation de 5000 personnes à problèmes auditifs seulement à Port-au-Prince et ses environs dans département de l’Ouest sur environ les 120.000 qu’il a sur le territoire national. Les sourds-muets, comme les autres groupes de handicapés du pays, sont considérés comme des citoyens de second plan. Ils font partie des couches les plus exploitées en raison de leur handicap. Selon Sindie Frédéric, la tendance a baissé avec la création de la Secrétairerie d’Etat à l’Intégration des Personnes handicapées. Mais les traces de marginalisation existent encore dans notre société. « Les sourds-muets ont aussi des droits comme tout le monde », clame Josué tout en souhaitant que le centre CAPPA- Sourds Haïti bénéficie d’un support financier pouvant garantir son fonctionnement.

Article de Géralda Sainville
Journanliste du nouvelliste

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